Réuni pour la première fois à Washington, le “Conseil de paix” initié par le président américain Donald Trump entend piloter la reconstruction de Gaza et s’imposer comme un nouvel acteur de la résolution des conflits. Mais l’initiative démarre dans un climat explosif, marqué par un ultimatum adressé à l’Iran et des doutes sur sa crédibilité.
Le président américain Donald Trump a réuni jeudi à Washington la première session de son “Conseil de paix”, une structure créée initialement pour soutenir la reconstruction de la bande de Gaza, avant d’élargir son mandat à la gestion globale des conflits.
L’événement intervient dans un contexte de fortes tensions géopolitiques. Le chef de la Maison-Blanche a adressé à Téhéran un ultimatum de dix jours pour conclure un accord jugé “pertinent”, faute de quoi “de mauvaises choses” pourraient survenir, alimentant les spéculations sur une possible escalade militaire contre l’Iran.
Gaza au cœur des discussions
Quarante-sept pays participent aux travaux, aux côtés de l’Union européenne, présente en qualité d’observatrice. Selon Donald Trump, plusieurs États, principalement du Golfe, auraient promis plus de 7 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza. Les États-Unis annoncent pour leur part une contribution de 10 milliards de dollars au Conseil.
Les discussions portent également sur la mise en place d’une force de stabilisation composée de milliers de militaires et sur la création d’une force de police locale. Le chef de l’administration provisoire de Gaza, le Palestinien Ali Shaath, figure parmi les participants.
Malgré plus de quatre mois de cessez-le-feu, la situation reste fragile : Israël et le Hamas s’accusent mutuellement de violations répétées de la trêve.
Une alternative à l’ONU ?
Au-delà de Gaza, le “Conseil de paix” se voit confier une mission plus large : garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits. Une ambition qui, de facto, place l’initiative en concurrence avec les Nations unies.
Donald Trump estime que l’ONU dispose d’un “grand potentiel” qu’elle n’aurait “jamais réalisé”. Le nouveau Conseil pourrait, selon lui, “presque surveiller” l’organisation internationale afin de s’assurer de son efficacité.
L’adhésion au Conseil impose une contribution d’un milliard de dollars pour les membres permanents. Toutefois, plusieurs alliés traditionnels des États-Unis ainsi que des puissances rivales ont choisi de ne pas rejoindre l’instance comme membres fondateurs. Certains pays européens, comme l’Italie et l’Allemagne, participent en observateurs, tandis que la France reste à l’écart. La Chine, pourtant invitée, n’a pas manifesté d’intention de participation.
Entre ambition et scepticisme
L’initiative suscite des réserves. Des experts évoquent un projet ambitieux mais manquant de cohérence stratégique. D’autres estiment que, sans résultats rapides et concrets — notamment sur le plan humanitaire à Gaza — la crédibilité du Conseil pourrait rapidement s’éroder.
Entre promesses financières massives, rivalités diplomatiques et menaces à l’encontre de l’Iran, le “Conseil de paix” débute sous haute pression. Son efficacité dépendra désormais de sa capacité à transformer ses annonces en résultats tangibles.
