Alors que la dernière interview du président sénégalais a replacé son conflit larvé avec Ousmane Sonko au cœur du débat politique, une série de limogeages sont interprétés comme une nouvelle illustration des tiraillements entre la coalition présidentielle et Pastef.
Dans le même temps, le remplacement par Youssouph Tine du directeur général de la Santé, le Pr Ousmane Cissé, proche du Premier ministre, a également provoqué des remous au sein du parti majoritaire à l’Assemblée nationale.
Ce que ça change. Le remplacement d’Ousseynou Ly, un fidèle lieutenant d’Ousmane Sonko, par un cadre de la coalition présidentielle témoigne d’une volonté de reprise en main de la communication du chef de l’État par une personne de confiance extérieure au parti dont celui-ci est pourtant issu. Un processus qui ne fait qu’accentuer une tendance perceptible depuis plusieurs mois : dans le cadre du duel qui oppose ouvertement Pastef à la coalition Diomaye Président, les principaux porte-voix sur lesquels s’appuie Bassirou Diomaye Faye sont des alliés extérieurs à son propre parti, comme l’ex-Première ministre de Macky Sall, Aminata Touré (dont la nomination à la tête de cette coalition présidentielle avait été le déclencheur de l’affrontement larvé entre les deux camps), ou le ministre de l’Environnement, Abdourahmane Diouf, du parti Awalé, qui a récemment stigmatisé Pastef en tant que « parti-État ».
Les réactions. « Mon engagement et ma fidélité au projet de transformation porté par Pastef sous le leadership du président Ousmane Sonko restent intacts. Ce projet, qui incarne l’espoir et l’ambition d’un Sénégal souverain, juste et prospère continue d’être la boussole qui guide notre action », a fait savoir Ousseynou Ly au lendemain de son limogeage, réitérant son allégeance à Ousmane Sonko.
Chien de garde assumé de ce dernier, Waly Diouf Bodiang, le directeur général du Port autonome de Dakar, a adressé le 5 mai une réplique cinglante au camp Diomaye, laquelle semble viser – sans le nommer – Abdourahmane Diouf : « Il n’appartient pas à une bactérie politique de déterminer comment doit évoluer constitutionnellement l’exécutif « , a-t-il lancé.
L’analyse. Par touches successives, le conflit entre les deux têtes de l’exécutif en vient à saturer l’espace public, donnant à voir un bras de fer quotidien entre leurs mouvements de soutien respectifs . Samedi 9 mai, le prochain épisode de cette lutte fratricide au sommet du pouvoir pourrait bien se dérouler à Mbour, où doit avoir lieu un grand meeting organisé par la coalition Diomaye Président, et non par Pastef.
